
Illustration : lampe à poser Madame de Tencin, embauchoir et lacets en cordon d’alimentation. La chaussure est inspirante.
On a beau n’être pas envieux, on rage toujours quand les autres chaussent vos souliers et vous écrasent.
Emile Zola
La sandale de Catlow
Si l’on s’en tient aux découvertes des archéologues, la plus ancienne chaussure pourrait remonter au septième millénaire avant notre ère. Il s’agit de sandales trouvées sur le site de Catlow Cave dans l’Oregon.
Ces sandales sont faites de fibres végétales. Elles s’enroulent entre elles et forment des cordages, un peu comme les semelles d’espadrilles. Elles comportent un rabat pour protéger les orteils et une partie du dessus du pied. En Chine, des archéologues ont décelé des empreintes de pieds chaussés dans la grotte de Tianyuan. Leur datation est estimée à plus de 35 000 ans. La chaussure ne date pas donc d’aujourd’hui.
La chaussure d’Ötzi

Ötzi, un homme du Néolithique, a été retrouvé dans le massif d’Ötzal en Italie. Il portait des chaussures en cuir de cerf maintenues par des lacets en cuir de bœuf. A l’intérieur de l’unique chaussure qui lui restait aux pieds, Ötzi portait une sorte de chausson fait de liber de tilleul. Le liber est constitué des fibres présentes juste sous l’écorce de l’arbre. Ce sont des fibres très souples à l’épaisseur variable mises en œuvre après rouissage. Une couche de foin est ainsi maintenue entre la chaussure et le chausson.
Ces deux parties sont liées ensemble à une semelle de cuir d’ours. La fourrure se place du côté intérieur. Parcourir un massif de montagnes à la fin du Néolithique n’était visiblement pas une chose qui s’improvisait. Et surtout pas du côté des pieds. La chaussure qui lui restait au pied au moment de sa mort montre qu’il ne s’agit en rien d’un “bricolage”. Bien qu’empirique, la technicité de cette chaussure avait déjà due largement faire ses preuves.
Les pampooties
Au cours de la même période, en Arménie, on portait des chaussures élaborées selon la méthode la plus simple qui soit. Il s’agit d’un ovale tronqué autour duquel on aménage des trous pour passer un lacet. On place son pied sur cet ovale et on resserre le lacet qui enferme le pied dans une sorte de bourse de cuir.
Ce modèle se retrouve de façon assez commune partout en Europe et sur des périodes assez longues. Par exemple, les célèbres pampooties irlandaises sont fabriquées selon cette méthode. A l’origine, elles étaient fabriquées dans un cuir frais et non tanné. Leur évolution vers la modernité et la solidité ont abouti aux ghillies des danseurs de musique celtique.
La sandale antique
En Egypte, pendant l’Antiquité, si l’on porte des chaussures, ce sont presque toujours des sandales. Selon sa condition, elles sont faites de fibres végétales pour les prêtres ou en or pour accompagner Pharaon dans l’au-delà.
La statuaire grecque nous donne à comprendre que la sandale est la chaussure qui va bien avec un climat un peu chaud. Mais là aussi, il faut comprendre que la majorité de la population allait nu pied. Les sandales sont présentes en Grèce depuis plusieurs millénaires. Selon certains, le mot même, proviendrait du perse sandal. Comme souvent, la sandale la plus simple est faite en fibres végétales torsadées ou tressées.
La conquête par la sandale
Mais la sandales la plus élaborées s’appelle la cothurne. On peut parler de sandale car il s’agit d’une chaussure ouverte maintenue par des lacets. La différence tient dans sa forme. Il s’agit, en fait, d’une botte dont la partie arrière protège le mollet avec un élément fermé, la semelle est en bois. Les cothurnes sont les chaussures que portent les acteurs grecs lors des représentations de tragédies.
On retrouve les cothurnes à Rome et plus tard au Moyen- Âge.
On remarque qu’à cette période, une bonne paire de chaussures qui tient bien aux pieds doit comporter un entre-doigt.
A Rome, les soldats portent des chaussures appelées caligae. Il s’agit très exactement de ce qu’il reste d’un romain quand Obelix dégage un légionnaire. C’est une chaussure de cuir d’une seule pièce ajourée en lanières. On plante la semelle de nombreux clous en rangée pour ne pas être glissante.
Moyen-Âge
Il semblerait qu’au Moyen-Âge, la chaussure devienne beaucoup plus perméable au phénomène de la mode. Bien entendu, le rang social est un élément qui donne de la distinction à l’habillement du pied. A la fin de la période médiévale, la pointe rembourrée à l’avant de la poulaine en est un. Ainsi, plus elle est longue, plus le rang social est élevé.
Pour celui qui porte la poulaine, cette pointe dit quelque chose : “regarde comme mon pied est grand, et si mon pied est grand, c’est que je suis un grand personnage”. Un peu comme le système des épaulettes que l’on glisse dans l’épaisseur des tissus d’une veste. Elles renvoient immanquablement vers la haute idée que l’on peut se faire de celui qui les porte.
Au fur et à mesure les pointes se sont tellement allongées que certaines pouvaient atteindre 50 centimètres.
Le mot poulaine trouve son origine dans l’utilisation de la Poulanne. Il s’agit d’un cuir venu de Pologne qui se nommait elle-même Poullaine”. 0 l’origine, on faisait les pointes de ces souliers si spécifiques avec ce cuir venu de Pologne. En Angleterre, les poulaines s’apellent cracow en référence à la ville de Cracovie en Pologne.
La chaussure en nombre

La haute noblesse commande des chaussures en nombre. En 1424, on dénombre 40 commandes de chaussures pour le seul comte de Savoie. A la même époque, à la cour de France, les commandes de chaussures pour Charles VI atteignent presque 250 paires en une année. En moyenne, il porte chaque paire de chaussures une journée et demie. L’effet produit est qu’il ne porte que des chaussures neuves.
Ca me botte, la chaussure qui monte, qui monte

Sous le règne d’Henri IV, on aime les bottes. Elles sont souples, montent assez haut et comportent un talon. Le mollet est ainsi entouré non pas dans quelques lanières mais par une véritable tige. Elle est taillée dans un cuir si souple que la marche en devient élégante. Dès lors, les bottes sont portées en tout lieu et à tout moment. Elles donnent du style et on les porte aussi en intérieur, même quand on ne vient pas de descendre de cheval.
A la Renaissance, la tige de la botte se taille au plus près de la forme du mollet. Il s’agit exclusivement de réalisations faites sur mesure. Ces bottes montent au plus haut, y compris sur la cuisse à laquelle elle est ajustée. Ces bottes sont particulièrement difficiles à ôter et tout autant à enfiler. Il fallait l’intervention d’un valet pour y parvenir.
Le talon d’Achille de la modernité

La période moderne connaît une élévation de l’esprit ? C’est sans compter avec celle des talons.
Les femmes et les hommes font placer des semelles sous leurs chaussures. Au départ pour se protéger du froid, de l’eau ou de la boue. L’accumulation des patins peut porter la hauteur de la chaussure d’une femme à plus de trente centimètres. Cette mode est héritée de la chopine vénitienne. Une chaussure portée si haut que deux personnes n’était pas de trop pour permettre à la dame de tenir debout et de marcher avec ses chopines aux pieds.
La broderie de chaussure

Sous Louis XIV et ensuite au Siècle des Lumières, la chaussure à talon est ornée de la même façon que l’habit. Les damas, inspirés de l’Orient, arrivent de Venise ou de Gênes. Ce sont les étoffes de prédilection pour ces chaussures haut de gamme. Ainsi, la soie, les broderies de fil d’or ou d’argent comme les brocarts, se partagent un usage de pied en cape.
Pendant la Révolution, ces chaussures de luxe représentaient un marqueur social propre à la haute noblesse. Aussi, elle usa de plus de discrétion dans l’ornement des pieds. Après la Terreur, les Bals des victimes ont permis aux escarpins de reprendre un peu de leur superbe.
La chaussure romantique

A la suite des campagnes napoléoniennes, la botte reste indétrônable. En effet, c’est un attribut militaire qui donne du prestige. Cependant, elle est plus fine dans ses proportions.
Pour les femmes, la bottine se ferme avec des lacets puis dans la seconde moitié du XIXè siècle, à l’aide d’un tire-bouton. Depuis de nombreux siècles, et jusqu’à la fin du XIXè, les semelles ne distinguent pas le pied gauche du pied droit. A l’usage, c’est la chaussure qui se fait au pied et non l’inverse, en tout cas sur ce point précis. Même si, en 1822, l’industrie américaine invente les premières chaussures qui distinguent le pied droit du gauche, sa généralisation prendra encore quelques temps.
Les escarpins sont toujours prisés et sont plus simplement ornés de rubans. Lors des bals, les femmes portent des chaussures légères qui découvrent le dessus du pied. Quant aux hommes, la chaussure vernie est de mise.
L’industrialisation qui a marqué cette période a produit des chaussures de toutes sortes. François Pinet sera un des grands acteurs de la fabrication en série de chaussures pour femmes. En 1879, il dépose un brevet de semelle imperméable en papier enduit de goudron. Il met un point d’honneur à rendre confortable la chaussure pour femme. Notamment en remettant au goût du jour le talon bobine dont le bas est évasé. Celui-ci rend la marche plus stable et prévient de nombreuses douleurs.
La chaussure nous rend parfois un peu bête

Aujourd’hui, certains d’entre nous savent que telles ou telles chaussures nous font mal au pied. Mais nous les portons quand même en pensant que parfois c’est nécessaire. Alors qu’on on est plus confortablement chaussés en baskets. D’autres encore vont à la plage en Doc Martens. Alors que rien ne les y oblige tout en sachant que ce n’est pas la chaussure la plus facile à mettre ni à enlever quand il fait chaud.
Pour aller plus loin avec de bonnes chaussures
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Jérôme Cucarull, « L’industrie de la chaussure à Fougères avant 1914 d’après les dossiers de faillite des entreprises », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 114-1 | 2007, 163-184
- Gwenola Ricordeau, « Marie-Antoinette sous les tropiques : Imelda Marcos, sa collection de chaussures et la mémoire de la Loi martiale »
- Irène Berelowitch, « La chaussure, une histoire arménienne »
- Globetrotter Girls, « San Francisco : plainted ladies and a garden of shoes »
- Actu Environnement, « Textiles et chaussures : quel recyclage possible ? »


Souvent, l’architecture nobiliaire est source de modèle pour les architectures plus populaires. A partir du XVIIè siècle, la maison paysanne voit elle aussi ses élévations de façade prendre de la hauteur. La cheminée ne se situe que très exceptionnellement sur le mur gouttereau.
La cheminée à faux-manteau avec la hotte en saillie est un modèle extrêmement courant de l’architecture rurale en pays gallo. Certaines cheminées ont été détruites à la suite de la désaffectation des logis pour éviter de payer l’impôt sur les ouvertures. Les empreintes laissées par ces cheminées donnent l’impression que l’âtre se trouvait dans la pièce. Et la forme de ces cheminées a une conséquence majeure. Car la hotte en saillie et le conduit qui le surplombent forment un levier très fort sur la maçonnerie du mur. Cette force doit être contrebalancée par une maçonnerie de mur pignon très épaisse qui appuie sur les corbelets. Qu’ils soient de pierre ou de bois, les corbelets portent à eux seuls la hotte et sont aussi de forte section. Il est courant de voir les queues de ces pierres ou de ces pièces de bois dépasser à l’extérieur de la maçonnerie. Ce volume en saillie à l’extérieur n’est pas là pour aider au contre-balancement. On y voit plutôt le signe de la notoriété de la maison : ici la cheminée est grande, belle et puissante, comme son maître.



Au XVIIè siècle, les cheminées en pays gallo portent encore très largement les empreintes de l’époque médiévale. Formant un faux-manteau ou à piédroits, les éléments de la cheminée sont souvent d’aspect et de style gothiques. Les ressauts, les superpositions de corniches, les moulures rappellent les valeurs dont on a du mal à s’aliéner. Pendant le Grand Siècle, c’est toujours un élément d’ostentation tel que le rappelle Pierre Le Meut en 1623 :
Le nouveau style arrivé avec Louis XIII marque une avancée dans la prise en charge des éléments structurels. La cheminée à faux-manteau est remplacée par une cheminée à piédroits. Visuellement la hotte commence à suivre les axes du mur porteur, les obliques sont abandonnées. Le style Louis XIV accentue la prise en charge de l’ouverture de la cheminée comme un élément unique, les piédroits et le linteau font corps dans une modénature traitée en continuité. La hotte est en complet retrait, c’est à présent un trumeau pouvant recevoir un décor.
Aux siècles suivants, le trumeau et l’âtre reculent ensemble et poursuivent cette intégration dans l’épaisseur du mur. Les dimensions du foyer se réduisent. La cheminée de style Empire a réussi à faire disparaître totalement le trumeau. Elle se réduit à l’ouverture de son foyer soulignée par un décor principalement porté par un devant de cheminée de marbre ou de bois.


Nous sommes en période de glaciation, 400 000 ans av. J.C. Les glaciers frôlent à peine le nord de la France. A Menez Dregan , les enfants trient les brindilles puis les branches plus épaisses. Si le feu vient à s’éteindre, il faudra le raviver, au pire le rallumer. Les flammes s’élèvent, le feu est au cœur de l’esprit des hommes qu’il protège, nourrit, réchauffe et
L’histoire du foyer au XIème siècle nous amène sur le site de Lann Gouh à Melrand dans le Morbihan et également trois siècles plus tard au hameau déserté de Gouënidou à Berrien dans le Finistère. Ici, les habitations sont faites de murs de pierres de faible hauteur et couverts par un toit à longs pans. Le foyer est au centre, la fumée s’échappe par les portes ouvertes en permanence. On y vit probablement très peu debout, ce qui évite de respirer les fumées. Les adultes s’affairent au tri des graines, à la cuisine, au tressage, les
Tout près de la maison rurale et paysanne, émerge une tour de pierre, un château, un manoir. Les murs de pierres s’élèvent au minimum sur toute la hauteur du premier niveau, les baies se ferment par des huisseries. Les niveaux suivants peuvent être en pierres ou en pan-de-bois.
Simultanément, il existe des cheminées sur mur pignon ou mur de refend. Le mur de refend est défini par un mur porteur qui sépare une pièce d’une autre. Comme le précise Jean-Jacques Rioult, dans l’ouvrage Le manoir en Bretagne, 1380-1600 , l’intégration complète du conduit de cheminée peut conduire à des réalisations spectaculaires. Les deux cas des manoirs de Kerat à Arradon dans la Morbihan et du Val aux Houx à Guégon, également dans le Morbihan, où le mur abrite à la fois une cheminée incorporée et un escalier. Cela amène à la réflexion suivante : est-ce la largeur nécessaire au passage du conduit qui a donné l’idée d’y associer un escalier ? Au vu de l’évolution générale que connaît l’histoire du foyer, il est probant d’imaginer que c’est l’opportunité de l’emplacement de l’escalier, qui a pu conduire le maître d’œuvre à y placer une cheminée incorporée. D’autres cas de cheminées incorporées de cette période sont dus à l’existence d’une cheminée d’étage avec surplomb. Les cheminées incorporées possèdent des angles profonds cassés au maximum par des chanfreins très larges de plusieurs dizaines de centimètres. La cheminée incorporée n’est techniquement possible à cette époque que dans un massif très puissant de maçonnerie. Certaines cheminées de la fin du Moyen-Âge montrent des exemples d’incorporation exemplaire comme au donjon du château de Tarascon en Ariège, au palais de justice de Poitiers dans la Vienne ou plus tard au château de Chambord dans le Loir-et-Cher. Précoce, il s’agit ici d’une architecture princière ou religieuse, qui, en tout état de cause restent des témoignages d’une architecture exceptionnelle et monumentale. Aux derniers siècles du Moyen-Âge, on distingue une hotte à la française complètement hors du mur et une cheminée à l’italienne plus intégrée.
La première moitié du XVème siècle peut être vue comme une période charnière. Les constructions où les foyers ne sont plus placés au centre des espaces de vie se répartissent pour suivre plusieurs options : placés sur mur gouttereau, sur mur pignon ou de refend. Parfois incorporée, engagée, ou parfaitement adossée, la cheminée peut être à faux manteau ou avec piédroits. Les expériences d’intégration totale des foyers dans l’épaisseur des maçonneries sont exceptionnelles, d’une part parce qu’elles s’expriment dans une architecture d’une qualité rare et très dispendieuse, d’autre part parce que ce choix de cheminée incorporée se conjugue avec une distribution peu courante qui place les cheminées l’une au-dessus de l’autre.









On considère que le pain apparaît en Europe au cours du Vè millénaire à la faveur de la néolithisation venue du Croissant fertile. Au IVè millénaire, vers 3550 av. J.-C., à Douanne, en Suisse, dans les vestiges d’une maison d’un village néolithique, un pain est resté attendre. Il n’a pas été mangé, ni même rompu. Il est entier, rond comme une miche parce qu’il a poussé grâce au levain.
Pendant l’Antiquité, à Rome, il existe un nombre très important de gâteaux sacrificiels. Chacun porte un nom précis, ce qui détermine que la forme, la recette et l’usage qui en sont faits relèvent de pratiques parfaitement codifiées. La préparation des gâteaux et des ingrédients fait partie intégrante du rite et s’effectue sur le site sacré par un auxiliaire de culte dans une pièce à part, sorte de sacristie du culte par le gâteau sacré.
Le sucre n’est pas un ingrédient très courant dans la cuisine du Moyen-Âge. Comme nous avons pu l’écrire dans un article sur
Vers la fin du Moyen-Âge, le sucre fait une apparition plus retenue dans la cuisine sucrée d’Occident que dans celle de l’Orient. Et elle n’est présente que dans la cuisine de l’élite de plus haut rang. Ainsi, les confiseries, les pâtisseries et les vins doux sont des éléments indiscutablement présents dans les banquets et en très importantes quantités. Ces plats sont le raffinement suprême. L’intérêt du sucre sur le miel est le côté façonnable, le sucre peut être est utilisé à dessein suivant qu’il est traité comme un sirop, un caramel, une poudre ou une plaque cristallisée.

Le fruit, tel que nous le connaissons, bien rouge et bien charnu, n’a pas toujours été ainsi.
Mais revenons à la fraise des bois. Pendant l’Antiquité, les Romains l’utilisaient pour son parfum. Le nom scientifique de la fraise Fraga qui vient du latin fragro se traduit par sentir bon. Le mot fragrance possède la même origine. Le Romains l’utilisent surtout pour parfumer les produits cosmétiques aux vertus adoucissantes pour la peau.
…Il y a plus qu’un pas, il y a un océan.

Plougastel-Daoulas est l’emblème incontestable de la fraise en Bretagne. La culture de la blanche du Chili a vite cédé la place au « Fraisier Ananas » puis encore à d’autres espèces au gré des modes et de la demande. La culture d’espèces diverses permet d’étaler les récoltes et de fournir le marché sur une plus longue période. Au XIXè siècle, les bateaux au départ de la rade de Brest acheminent le fameux fruit rouge jusqu’en Angleterre. Le chemin de fer arrivé en 1865 fera voyager des fraises de Plougastel pour Paris et de là vers la Belgique.







Le fraisier est le gâteau le plus emblématique de la pâtisserie réalisée avec des fraises. Dès que l’on prononce ce nom, on voit le blanc de la crème, le rouge rosé de la fraise, le biscuit de Savoie mousseux, la beauté et le savoir-faire de la préparation. On voit le printemps, la famille réunie, les nappes blanches, les bulles dans les coupes de Champagne. Puis on voit son assiette à dessert remplie d’une part généreuse et gourmande que l’on va savourer comme un plaisir unique. Chaque cuillère aura sa saveur, plus en fraises ou plus en crème.
La fraise est un des fruits les moins caloriques, à peine 30 Kcal pour 100 grammes, autant que la pastèque, deux fois moins que le litchis ou la mangue.
Les lumières et les luminaires à disposition des artistes des grottes ornées démontrent que des lampes, statiques ou non, étaient disposées et aménagées en fonction des usages. Dans les grottes ornées du Paléolithique supérieur, on les retrouve sur les parcours ainsi que dans les zones ornées. Au vu de leur très faible nombre et de leur capacité d’éclairage très réduit, les scientifiques penchent pour un usage limité des lampes mais celui beaucoup plus répandu des foyers et des torches. Leur capacité d’éclairage est supérieure et peut suivre l’artiste. Dans son usage, la torche se distingue nettement du foyer car elle sert exclusivement à l’éclairage.
Les lampes à graisse sont désignées par un ustensile présentant soit une cuvette soit un fond assez plat et dont la forme permet d’y placer le combustible en contact avec une mèche alimentée par capillarité. Si la graisse s’écoule vers la mèche, on dit que la lampe est ouverte. Si le combustible est retenu par des bords et présente une forme de godet, on la dit fermée. Il existe des lampes avec un creusement très minime, voire plat, on parle alors de plaquette et non de godet.
Pendant l’Antiquité, les lampes apparaissent beaucoup plus sophistiquées. Elles ne sont plus taillées ou aménagées dans du grès mais façonnées en terre cuite. Elles prennent alors la forme d’un récipient totalement fermé avec deux trous aménagés, l’un pour le remplissage, l’autre est placé sur le bec pour le passage de la mèche. Cette opportunité de fermer le récipient s’est imposée car ce n’est plus tant de la graisse que l’on brûle mais de l’huile.
Au-delà de la forme la plus répandue, étant passés du tournage au moulage, les potiers de l’Antiquité ont fourni des lampes avec une grande variété de formes : des aménagements pour la préhension, un panneau vertical pour la réflexion. Parfois sur les grands réservoirs, il peut y avoir deux ou trois becs.
Parallèlement, les chandelles vont connaître une utilisation plus discrète pour l’histoire. Elle se consume et disparaît.
Les bougies ne font pas concurrence à la lampe. Le prix d’une lampe et son entretien peuvent être un frein à son achat pour certains foyers qui restent fidèles à la bougie. Les suspensions portant bougies sont très présentes dans les intérieurs bourgeois du XIXè siècle. L’usage et le statut de l’usager d’une lampe ou d’une bougie sont indifférents au lieu qu’elles éclairent et qui elles éclairent. Dans cet ensemble complexe, l’une et l’autre sont complémentaires au sein d’une même maison. Le décor des candélabres et des suspensions font le lien entre les lumières et les conditions de vie des habitants.
La lampe à pétrole est imaginée sur le modèle de la lampe à huile. Elle apparaît vers 1853. Son principe est simple, un réservoir surmonté d’une mèche et d’un tube de verre qui protège la flamme. Le pétrole lampant possède une fluidité parfaite pour remonter avec aisance par la mèche sur une dizaine de centimètres. Cette fluidité rend la flamme plastique. C’est-à-dire que l’on peut facilement régler son intensité pour augmenter ou abaisser la lumière. L’immense avantage de la lampe à pétrole sur toutes les autres sources de lumières artificielles est son prix de revient. Un modèle sera adapté pour en faire une lampe tempête, celle qu’on a toujours un grand plaisir à allumer lors des soirées dehors.
Aujourd’hui, on aime encore s’éclairer à la flamme. On place des bougies sur la table des fêtes de fin d’année, on installe de grandes torches dans le jardin et la lampe tempête reste dans l’idéal de la soirée sur la plage et du campement en toile de tente. Nos imaginaires sont nourris de ce temps pas si lointain où les zones rurales après-guerre n’étaient pas toutes raccordées à l’électricité. Cette nostalgie de la soirée autour du feu de cheminée ne doit pas nous faire oublier que pour ceux qui travaillaient la terre et s’occupaient des bêtes, l’arrivée de l’électricité a été un énorme progrès et un nette amélioration de leurs conditions de travail.

Parfois le point d’eau marque un simple lieu de ravitaillement ou un site attaché à des pratiques religieuses ou mystiques. Les cultes liés à la présence de l’eau puisent leurs origines dans les tréfonds des cultes païens.
Il existe un lien très fort entre l’eau et la féminité, la fécondité. Les fontaines, pense-t-on, guérissent et soulagent les peines du monde, la maladie, l’infertilité, la déveine, les aléas climatiques, l’infortune. L’eau adoucit la vie, comble les manques. Des guérisons et des prodiges, croit-on, surviennent par la consommation de l’eau, l’aspersion ou encore l’imprégnation d’un linge.
La source, c’est le point de sortie de l’eau. C’est le point de contact naturel entre la nappe phréatique et l’air libre. On ne sait pourquoi elle sort là, ni d’où elle vient. Elle peut être très fraîche ou brulante. Ce qui la caractérise c’est qu’il s’agit d’une eau propre et potable dans la très grande majorité des cas. Les mystères surviennent quand l’eau apporte des bienfaits, quand elle guérit et apaise. Les minéraux sont la cause de ces guérisons mais nul ne le sait.
La source n’est pas seulement le lieu simple et naturel où sourd l’eau, elle devient le lieu surnaturel à qui l’on doit une reconnaissance et un aménagement. C’est par cet aménagement que la source devient une fontaine. D’une part, le site est repérable, d’autre part son abord est aménagé pour éviter les boues, cela permet un accès et un puisage plus aisés.
Contrairement à la fontaine, le puits impose un travail de creusement jusqu’à la nappe phréatique afin de permettre son puisage. Les sources sont un produit de la nature, comme elles ne sont pas assez nombreuses, les femmes et les hommes ont découvert qu’en creusant la terre et la roche, on parvenait à trouver l’eau. L’eau potable indispensable à la survie d’une communauté.
Un nombre considérable de formes de puits sont visibles partout. L’édification de la structure externe du puits suit les principes de l’architecture vernaculaire du territoire en question. Et de la même façon, le puits d’un village ou d’un hameau peut chercher à envoyer les signes caractéristiques de l’appartenance à sa société et à ses valeurs. C’est pour cette raison que certains puits possèdent une superstructure très développée avec des décors portés très impressionnants.
L’eau comporte un paradoxe. D’une part elle a suscité, et suscite encore de nos jours, des croyances populaires qui la rattache à des miracles en rapport direct avec des soucis de santé, d’autre part, l’histoire de l’eau a connu des périodes où il est totalement déconseillé de l’utiliser pour se laver, se nettoyer, se baigner. Sa laver avec de l’eau, c’était courir le risque d’avoir la cataracte, le visage qui s’aplatît, des maux de dents, des introductions de miasmes via les pores de la peau, des corps lâches maladifs qui diminuent la vie, la mort des fœtus… Le XVIIè siècle a été particulièrement sévère avec les usages hygiéniques de l’eau. Martin Lister, médecin naturaliste anglais écrit lors d’un voyage à Paris en 1698, « Une bonne chemise de toile changée tous les jours vaut, à mon avis, le bain quotidien des Romains. »
Au
« Les marais développent pendant les chaleurs de l’été des vapeurs nuisibles, et engendrent des insectes armés d’aiguillons, et dont les essaims nombreux assaillent l’homme. Les marais fourmillent encore de serpents et d’autres reptiles qui, privés de l’humidité de l’hiver, sortent de cette fange, mise en fermentation par les ardeurs du soleil. Tout cela occasionne souvent des maladies dont les causes sont tellement cachées que les médecins eux-mêmes ne peuvent pas toujours les découvrir. Il règne, en outre, dans ces contrées une sorte de remugle et une humidité qui ronge les instruments de culture, pourrit les meubles, et gâte les fruits serrés dans les greniers aussi bien que ceux qui sont laissés à découvert ».
Cette mauvaise réputation des eaux stagnantes vaut donc à l’eau de rivière d’être très bonne.
e XX siècle a voulu tenir la promesse d’un accès à l’eau courante pour tous. On considère que c’est chose faite depuis les années 80. « Pour tous », il faut entendre presque tous. Dans nos vies, nous pouvons chacun être témoin de certaines habitations qui n’ont été raccordées que bien après les années 80. C’est d’autant plus vrai que dans certaines zones rurales de la France, l’approvisionnement en eau potable est assuré par la source et le réservoir de rétention d’eau qui ne sont pas toujours situés au-dessus de l’habitation.
Gustave Fulgence, « 

Au
Les productions et l’imagination des confiseurs atteignent un haut degré de maîtrise de la sculpture en sucre. En 1776, un écrivain culinaire, Menon, dans la préface de son ouvrage La science du maître d’hôtel confiseur, à l’usage des officiers , avec des observations sur la connaissance et les propriétés des fruits… suite du Maître d’hôtel cuisinier. Nouvelle édition, revue & corrigée, compare les ornements en sucre à la production des figurines de porcelaine produite en Saxe. Cette comparaison est particulièrement évocatrice de la considération et du respect dû au confiseur. En 1710, à
A l’instar de notre fréquentation des boulangeries pour acheter une viennoiserie, au XVIIIè siècle, on entre dans une confiserie pour une consommation immédiate, ou à court terme, de spécialités aux fruits confits ou d’inspiration exotiques. Mais le marché visé par le texte de la rubrique réservée à la confiserie de Monsieur Duval,
Les confiseurs sont référencés dans les guides touristiques et dans leurs annonces publicitaires, ils s’adressent clairement aux voyageurs, ils font mention de confiseries qui « se portent en voyages ». Les boutiques alimentaires des quartiers chics ne sont représentées que par les confiseries, les pâtisseries et les épiceries de renom. Dans ces quartiers, on voit apparaitre la pratique du grignotage au sortir de la boutique, expérience tout à fait nouvelle.
