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Femmes et études scientifiques

Les femmes sont tout aussi douées que les hommes pour les études en général et donc pour les études scientifiques aussi. Leur réussite à l’école est souvent plus importante, leur attitude plus studieuse et concentrée. Elles accèdent aux études universitaires, y ont de bons résultats et sont en nombre un peu plus important que les hommes. Mais des disparités dans les études supérieures sont pourtant très visibles. C’est particulièrement vrai dans le choix des filières, les opportunités de faire de la recherche, l’accès aux postes à responsabilité, le choix des grandes écoles. On y voit tellement de trous, de creux, de manques. On croirait voir un plafond de verre.

Phot d'une bibliothèque universitaire avec des étudiants qui travaillent
Image par Adrian Malec de Pixabay
Les débuts difficiles

Depuis le milieu du XIX siècle, les femmes françaises commencent à s’inscrire à l’université. Au début, principalement dans les disciplines littéraires. Leur accès n’est pas interdit pas la loi. On n’y avait juste pas pensé parce qu’on n’avait pas non plus pensé que les femmes auraient l’idée de s’y présenter !

A la fin du XXè siècle, sur l’ensemble du territoire français, le nombre de ces femmes n’excède pas 3% de l’effectif total. Ce taux va tripler dans la décennie suivante. Pour partie, ces femmes sont d’origine étrangère. Interdites d’inscription dans les universités de leur pays, elles viennent faire leurs études en France dont la renommée, en faculté de médecine est très bonne.
Et si les étudiantes de cette période des débuts restent longtemps en nombre plus faible que celui des étudiants, les études portées sur les profils des étudiants, tout sexe confondu, ne font presque jamais mention des spécificités des études menées par les femmes.

Phot d'une femme qui consulte un livre
Une prophétie auto-réalisatrice

L’idée que les femmes ont plus de facilités dans les matières dites littéraires et que les hommes sont meilleurs dans les matières plus scientifiques est très répandue. Elle continue encore aujourd’hui de faire son chemin en s’instillant dans les esprits dès le plus jeune âge.
Cette idée plonge ses racines dans le retard que les femmes ont pris par les difficultés pour s’inscrire à l’université mais également, par une sorte de refus devant l’obstacle, les filles étant moins enclines à se tourner vers des études techniques et scientifiques. Il s’agit en fait d’un refus motivé par un manque de confiance en soi, un environnement familial et sociologique qui n’encourage pas les carrières scientifiques et/ou qui conforte la fille qu’il est plus sage de rester dans les domaines où elle est « tellement à l’aise ». Il ne lui est jamais présenté les choses comme un chalenge à relever mais comme un choix de sagesse qui va satisfaire tout le monde. Tout cela, alors que les capacités cognitives des filles ou des femmes sont équivalentes à celles du reste de la population quand bien même elles auraient des façons différentes d’aborder les choses.

Photo d'une femme vue de dos devant sa table de travail
Des Chiffres

En 2011, les universités françaises comptent 58 % d’étudiantes pour 42 étudiants. A partir de l’année d’inscription en doctorat, il s’opère une inversion de 52 doctorants pour 48 doctorantes. Parmi les trois grades successifs de maître de conférence à professeur des universités, le taux d’hommes passe de 58% à 77%, pour les femmes ce taux passe de 42% à 22%.
Compte-tenu des évolutions de ces chiffres, il est estimé que la parité parmi les maîtres de conférences sera atteinte en 2027.

En 2012 en France, seules 12 universités ont une femme présidente alors que 72 ont un homme président. La progression des chiffres montre que la parité de la présidence des universités françaises sera atteinte en 2068.

En écoles d’ingénieurs, on compte moins d’un tiers des effectifs de femmes. Les écoles préparatoires voient une courbe totalement inverse entre filière littéraire et filière scientifique. Environ 30% d’hommes dans la première, plus de 70% pour la seconde.

Photo d'Elizabeth Garret
Elizabeth Garrett
Unknown photographer; National Portrait Gallery has no record, and image searches have failed to find further information, Public domain, via Wikimedia Commons
Des femmes, des dates
  • Emma Chenu : première bachelière es-science en France, 1863
  • Elizabeth Garrett : première femme diplômée de médecine en Grande-Bretagne, 1870
  • Liouba Bortniker : première femme agrégée en mathématiques, 1885
  • Henriette Mazot : première interne en pharmacie, 1897
  • Anne Chopinet : première femme avec sept autres à s’inscrire à Polytechnique, 1972
  • Jeanne Miquel, première française vétérinaire, 1937
  • Claudie Haigneré, première française dans l’espace, 1996
Phot d'un rayonnage de bibliothèque
Image par Engin Akyurt de Pixabay
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